• Sabine

Et si l’on portait en nous l’humanité toute entière ?


Il nous est très facile de juger les gens autour de nous, les situations, la manière dont nos gouvernants agissent…

Évidemment, notre jugement porte sans doute une part de vrai… Cependant, juger l’autre nous sépare de lui. Le juger nous permet de nous dire (si l’on est honnête avec nous-même) que nous sommes mieux que lui, que nous nous serions mieux comportés que nous aurions fait de meilleurs choix… Juger, en nous séparant de l’autre, nous rassure peut-être mais ne nous rend certainement pas plus heureux ni plus aimant.


Qui d’entre nous ne juge pas ?

Et pourtant… Si l’on voulait bien imaginer que l’on porte en nous l’humanité ? Si l’on voulait bien reconnaitre que ce que l’on juge chez l’autre se trouve aussi en nous-même, pas nécessairement d’une manière aussi grossière, aussi énorme, peut-être d’une manière plus subtile…

Socrate ne disait-il pas « Connais-toi toi-même et tu connaitras le monde » ! Cela signifie bien que notre monde intérieur contient l’humanité toute entière et que tout ce que nous pouvons juger à l’extérieur se trouve également en nous-même… et c’est précisément parce que nous ne voulons pas le voir chez nous que ça nous énerve chez l’autre !


Si l’on regarde la situation actuelle, chacun, à sa manière, va juger nos gouvernants, les autres… Certains se disent : « Qu’ils sont lâches à ne pas se révolter, à accepter de porter le masque sans rien dire… et même à laisser masquer leurs enfants ! ». D’autres pensent : « Qu’ils sont égoïstes ceux-là, à ne pas porter le masque ! ». D’autres encore s’énervent : « Quelle incohérence dans les mesures ! » etc.

En fonction des jugements que nous portons, allons voir la part en nous qui est lâche, égoïste, incohérente… Évidemment, au premier abord, on ne verra peut-être pas cette part de nous-même… Mais, si l’on fouille un peu plus (si on ose ce travail d’introspection honnête et profond), il est certain que nous pourrons trouver la part de nous qui fait écho à celle que l’on juge chez l’autre.

Qui ne peut pas trouver en lui cette part de lâcheté qui l’a fait se taire face à telle personne alors qu’il n’était pas en accord en profondeur, dans le but de ne pas perdre son amour ? Qui ne peut pas trouver en lui cette part d’égoïsme qui nous a fait par exemple trembler collectivement face à ce covid pour quelques centaines de milliers de morts dans le monde alors que 9 millions d’enfants qui meurent de faim dans le monde chaque année semble nous laisser indifférent ? Qui ne peut pas trouver en lui cette part d’incohérence qui peut le faire manger bio pour préserver sa santé et fumer paradoxalement plusieurs cigarettes par jour, ou encore défendre corps et âme la cause des animaux en étant végétarien et tuer sans soucis mouches et moustiques l’été ?


Juger l’autre nous sépare de lui. Mais, si nous nous prêtons à ce jeu d’observer la part en nous qui est semblable à celle que l’on juge chez l’autre, alors, nous comprendrons que l’humanité est en nous. Nous pourrons, en allant voir au fond de nous nos intentions véritables dans de telles situations, mieux comprendre pourquoi l’autre se conduit finalement comme cela. Nous réaliserons surtout alors que ce que nous avons pris pour une affaire personnelle ne nous était pas destiné et que l’attitude de l’autre nous parlait plutôt de ses propres conflits intérieurs.

Peu à peu, nous pourrons mieux voir que nous sommes des âmes en chemin avec, finalement, le même type de défis à relever, le même type de peurs à dépasser (peur de l’abandon, de ne plus être aimé…). Nous pourrons de plus en plus voir que l’autre est finalement comme nous un être imparfait qui avance sur le chemin de sa perfection. Nous nous sentirons ainsi peu à peu plus aimants, solidaires et moins séparés.


Ce que l’on juge chez l’autre deviendra alors un moyen parfait pour mieux nous connaitre, développer l’honnêteté avec nous-même et faire grandir la compassion pour nous-même et pour l’autre.


Bon cheminement,

Sabine

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